Togo-Litige foncier : Les collectivités LANZO, GOGOLIGO ET AVLESSI-KPODON, en complicité avec le chef du village sapent la paix et le vivre-ensemble à Agoè-Fidiokpui

Agoè-Fidiokpui, une localité située dans la commune Agoè-Nyivé 4, est au centre d’un litige foncier orchestré par le chef du village en complicité avec des membres des collectivités LANZO, Gogoligo et Avlessi-Kpedon.

Ceux qui ont acheté des parcelles à Agoè-Fidiokpui font face,depuis quelques mois, à une affaire de litige foncier. Ici il n’est pas question de double vente. Mais des attitudes véreuses de certaines personnes qui n’ont d’autre choix de vouloir déposséder les acquéreurs et leur prendre des biens qu’ils ont acheté il y a plusieurs années auprès de leurs parents.

Le problème de ne date d’aujourd’hui. La terre en question appartient à six collectivités : Lanzo, Gaze, Koyoe, Avlessi-Kpedon, Dovon, Gogoligo. Aujourd’hui, le litige oppose les Dovon aux Lanzo, Gaze, Koye, Avlessi-Kpedon et Gogoligo.

Dans une décision prise suite au jugement traditionnel rendu en application de l’ordonnance N°1772/97 du 25 août 1997, les notables des sept quartiers d’Agoè-Nyivé ont tranché.

En effet, affirment-ils : « Nous, notables des sept (07) quartiers d’Agoè-Nyivé, sous la conduite de notre doyen d’âge Togbui ATIDEKA ALOMADIAKPEDEDE saisi du litige opposant les collectivités AVLESSI-KPEDON, LANZO, KOYOE, GAZE et GOGOLIGO à la collectivité DOVON, après analyse des faits de la cause constatons et décidons ce qui suit :

Les collectivités AVLESSI-KPEDON, LANZO, KOYOE, GAZE et GOGOLIGO après avoir sollicité et obtenu du Président du Tribunal de Lomé l’ordonnance N°1772/97 du 25 août 1997 pour procéder au serment décisoire sur le terrain litigieux ont refusé de suivre le Chef et ses notables dans le transport sur le lieu prévu le 29/11/97.

Cette attitude démontre qu’ils n’ont aucun droit de propriété sur le terrain en cause et n’ont pas de moyens sérieux à faire valoir.
Sur ce, nous Notables (Duméga et Assafo) des sept (07) quartiers d’Agoè-Nyivé accompagnés par notre chef supérieur ainsi saisi de l’affaire, déclarons et donnons à la collectivité DOVON son droit de propriété sur le terrain rural en cause sis à Fidokpui ».

Le problème, en réalité, trouverait son origine dans la jalousie ou l’envie parce que la collectivité Dovon est celle qui a la plus grande parcelle du domaine. La Justice saisie, tranche en faveur de cette dernière. L’affaire est portée jusqu’à la Cour suprême, la plus haute juridiction du Togo et dont les décisions ne sont susceptibles de recours possible. Là aussi, les Dovon ont eu raison.
Un témoin clé dans cette affaire raconte.

En effet, Katcheng Sanbila, un topographe dessinateur connaît bien ce qui se passe. « J’habite à Fidiokpui, je suis géomètre et j’ai travaillé à Fidiokpui. C’est nous qui avions exécuté le lotissement ici. On a fait le lotissement suite au document qu’on avait déjà vu avant de rentrer sur le terrain. Donc, nous, on a travaillé sur le site de la collectivité Dovon qui avait ses documents gagnés à la Cour suprême. Donc, suite à ça, on a fait les travaux et les gens ont acheté. Ces derniers temps, on ne comprend pas pourquoi les gens viennent écrire sur les murs. Ils ont écrit sur les murs. Je ne sais pas si c’est pour nous déloger. Est-ce qu’il y a deux justices ? S’ils écrivent sur les murs des gens, c’est suite à quel document ? On ne nous le présente pas et ils sont en train d’écrire seulement sur les murs pour nous dire de quitter ou bien pour racheter les terrains. On n’a pas compris. On a fait les travaux avec trois collectivités, à savoir, Dovon, Gazé et Koyé. Les trois collectivités connaissent leurs limites. Toutes les collectivités ont leurs mandataires et tous ceux qui ont acquis les terrains sont signés par les mandataires. A notre grande surprise, on nous dit maintenant qu’il faut reprendre tout, il faut repartager. On va partager les maisons ou les terrains ? Est ce qu’il y a terrain encore à Fidiokpui ? ».

Comme les Dovon ont la plus grande superficie, logiquement, ce sont eux qui ont le plus vendu de lots. Sur les parcelles lui appartenant, vendues aux acquéreurs et sur lesquelles beaucoup ont construit leurs habitations qui sont visées.

En 2021, Avo Ada, le chef village de Fidokpui, a fait gongonner et distribuer des tracts demandant à tous les acheteurs de venir chez lui, lui présenter tous les papiers d’achat des terrains.

« Nous nous sommes réunis et nous sommes partis l’interroger pour savoir quel problème et vous voulez nos documents des terrains ? Il nous dit qu’il y a 6 collectivités et que ces six collectivités veulent encore reprendre les terrains pour repartager. Ça c’est quel problème chef. Moi je suis ici ça fait longtemps. Je connais les six collectivités et que chaque collectivité a ses parcelles et presque chaque collectivité a déjà vendu ses parcelles. Les maisons qu’il y a maintenant, ce ne sont pas les terrains vides. Le chef nous répond que ce qu’il a dit, c’est ça et que même les autorités connaissent ce problème. Suite à ça on s’est organisé et nous sommes allés et nous avait dit que ce problème datait au temps de son papa et qu’il ne sait pas ce qui arrive au chef village de Fidiokpui en organisant ces choses comme ça puisque la justice avait donné raison à la collectivité Dovon et d’aller se reposer », relate Ouro-Koura Alilou, le président des acquéreurs de Fidiokpui.

Après cette rencontre d’information et de clarification, les acquéreurs ont cru que l’affaire en resterait là. Sauf que les autres collectivités troublent la tranquillité de ceux qui ont acheté chez les Dovon.

« Les autres collectivités viennent écrire sur les maisons des acquéreurs de la collectivité Dovon. On s’est approché de la collectivité Dovon qui nous avait dit qu’il y avait ce problème et la justice lui avait donné raison. Elle nous a présenté les papiers jusqu’à la Cour suprême et tout le monde était d’accord puisque chacun a vendu de son côté ses parcelles. Donc, c’est une affaire de justice et qu’ils vont aller rétracter cette ordonnance. On a eu espoir que ça va aller. Nous on pensait que l’affaire était close. Mais l’autre fois, ils sont revenus. Ici, c’est devenu je ne sais quoi, on ne peut pas dormir tranquille chez nous. Nous, on s’est dit qu’on va se regrouper aussi pour défendre nos droits. Parce que tout acquérant a eu bonne foi d’acheter son terrain et presque nous tous on a des documents administratifs jusqu’à trois tampons. Presque 90 % des terrains sont bâtis. Il n’y a pas de terrain vide ici. Ces propriétaires terriens n’ont plus de terrain à vendre. Nous voyons que c’est ça qui les amène à passer par des magouilles pour nous revendre nos terrains. Nous comptons sur les autorités compétentes pour qu’on ait gain de cause », poursuit-il.
Nous y reviendrons.

ALI

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