Togo : Les activités du projet de gestion durable des terres et des écosystèmes semi-arides du Nord du Togo lancées

Le ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, M. katari Foli-Bazi, a procédé au lancement des activités du projet de gestion durable des terres et des écosystèmes semi-arides du nord du Togo, ce 4 août 2022, à Lomé. Ce projet vise à restaurer les terres dégradées et la biodiversité, intégrer la gestion durable des terres et améliorer les moyens de subsistance agro-pastoraux dans les paysages des zones sèches des régions des Savanes et de la Kara au Togo. A terme, il permettra au pays de parvenir à la neutralité en matière de dégradation des terres à l’horizon 2030.

D’après une étude de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), un million d’espèces végétales et animales sont menacées d’extinction, et environ 20% de la superficie de la terre ont été dégradés entre 2000 et 2015.

Aussi, entre 2000 et 2015, les zones forestières ont-elles été réduites de 31,1% à 30,7%, ce qui représente une perte de plus de 58 millions d’hectares de forêts et la majorité de cette perte s’est produite en Amérique latine et en Afrique subsaharienne.

Au Togo, le rapport national sur la neutralité en matière de dégradation des terres (2018) estime la superficie totale des terres dégradées sur la période 2000-2010 à 234900 ha soit 4,14% du territoire national. Les zones les plus dégradées se trouvent dans les régions des Savanes (5,8%), Maritime (2,6%) et de la Kara (2,3%).

Egalement, selon le rapport d’évaluation des ressources forestières mondiales de la FAO en 2015, le Togo a perdu en moyenne 5% de sa couverture forestière chaque année entre 1990 et 2015.

Face à ces chiffres et si rien n’est fait, cela va s’accroitre et mettrait les populations vivant dans ces zones dans des situations de vulnérabilité et de pauvreté extrême dans les prochaines années.

Table d’honneur à l’ouverture des travaux (au milieu le ministre Katari Foli-Bazi)

Le gouvernement du Togo a très tôt compris les enjeux et a fait développer le projet de gestion durable des terres et des écosystèmes des zones semi-arides dans les régions de la Kara et des Savanes dont la phase de mise en œuvre des activités a été lancée par le ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières.

D’une durée de 5 ans, ce projet est cofinancé en espèces par le Fonds pour l’Environnement Mondial pour 5.448.173 dollars US, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour 3.000.000 dollars US et le Gouvernement du Togo pour un montant de 2.000.000 dollars US. Egalement, un cofinancement en nature et en investissement mobilisé de 11.870.000 USD du PNUD, du gouvernement togolais et de la FAO est prévu.

Il comporte quatre (04) composantes, à savoir : le renforcement des capacités et du cadre politique favorables à la neutralité en matière de dégradation des terres et à la biodiversité ; la gestion durable des terres, des forêts et conservation de la biodiversité ; l’amélioration des conditions de vie et des moyens de subsistance ; et la gestion des connaissances et suivi-évaluation sensible au genre.

Le projet ambitionne à terme de restaurer 59.000 ha de terres dégradées, vulgariser les bonnes pratiques de gestion durable sur au moins 37.000 ha, développer les techniques améliorées de gestion sur 429.000 ha d’aires protégées.

 Il permettra ainsi la réduction d’émission de 13.216.197 tonnes de carbone et touchera plus de 128.000 bénéficiaires directes dont 60% de femmes. Ce projet impliquera des partenariats avec les acteurs locaux, notamment, les collectivités locales, les organisations de la société civile, les groupements de producteurs et les acteurs du secteur privé intervenant dans les deux régions.

En lançant les activités, le ministre de l’Environnement et des Ressources Forestières, M. Katari Foli-Bazi, a indiqué que ce projet de gestion durable des terres et écosystèmes des zones semi-arides du Nord du Togo vient enrichir l’arsenal d’actions que le gouvernement togolais a déjà entrepris pour lutter contre la dégradation des terres, notamment, la définition des cibles de neutralité en matière de dégradation des terres (NDT) ; l’élaboration de la carte de fertilité des sols ; l’initiative pilote de restauration des paysages forestiers dans la préfecture de Binah ; l’évaluation des opportunités de restauration des paysages forestiers au Togo ; le programme national de reboisement ; le projet d’appui à la lutte contre les changements climatiques (PALCC) ; l’élaboration de la stratégie REDD+ et son plan d’action ; et le projet d’investissement de la résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA-ResIP) ; etc.

Photo de famille

Il  a présenté ses vifs remerciements à tous les partenaires techniques et financiers qui accompagnent son département pour l’atteinte des ambitions de notre pays en matière de préservation de son environnement et témoigné sa reconnaissance au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) pour avoir accepté accompagner le Togo dans la conception et la mise en œuvre du présent projet.

Le Représentant-Résident adjoint du PNUD au Togo, M. Mactar Fall, a souligné que la mise en œuvre de ce projet viendra s’ajouter à d’autres initiatives notamment entre autres, le projet de développement des écovillages, qui permet de concilier la gestion de l’environnement, la promotion des énergies renouvelables et la lutte contre la pauvreté en milieu rural ; le projet de mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) qui a permis la révision des engagements climatiques du Togo en lien avec l’accord de Paris ; etc.

ALI

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