Santé : Lancement du projet « Prise en charge précoce du pied bot au Togo »

Le projet « Prise en charge précoce de pied bot au Togo » a été lancé le 29 janvier dernier, à Lomé. Financé à hauteur de 258 millions de F CFA par CBM, ce projet d’une durée de quatre ans dont l’objectif est de contribuer à réduire le handicap physique au Togo, s’inscrit dans la logique de prévention, de détection et de prise en charge précoce du pied bot.

Depuis 2011, la prise en charge du pied avait commencé sur la clinique du Centre National d’Appareillage Orthopédique (CNAO) et ensuite s’est étendue sur dix autres cliniques à savoir : les CHP Tabligbo, Mango, Kpalimé, Aného, Notsè, Badou, Atakpamé, les Centres Régionaux d’Appareillage Orthopédiques (CRAO) Sokodé, Kara et Dapaong.

Pour cette phase (2011-2018), plus de mille quarante et deux (1042) enfants ont été pris en charge grâce à l’appui financier et technique de CURE et de CBM. Malheureusement, en juin 2018, cet appui financier a été réduit et seule la clinique de CNAO continu le traitement.

Ceci a mis plus de la moitié des enfants et leurs parents dans une situation difficile pour continuer à répondre aux rendez-vous des phases de traitement. En plus de ces anciens cas, les nouveaux enfants dépistés dans les communautés ne peuvent plus bénéficier d’une prise en charge.

Au vue de toutes ces difficultés, la mise en œuvre d’un nouveau projet était impératif. C’est dans ce cadre que le projet « Prise en charge précoce du pied bot au Togo » est élaboré pour une période de quatre ans (2021-2024). Ceci grâce à la collaboration entre le Programme des Incapacités, Traumatismes et Réadaptations (PITR) et CBM.

Selon M. Até Karilowo, personne ressource, chargé du suivi-évaluation du projet, ce projet qui a plusieurs étapes, consiste à former les acteurs de la santé sur la technique utilisée pour le traitement des enfants (la méthode PONSETI).

« On va former tous les agents de la santé concernés sur la prise en charge dans les vingt cliniques pied bot. L’autre aspect de formation, c’est de former les sages-femmes et les infirmiers qui sont dans les périphéries pour qu’ils puissent identifier précocement les enfants qui sont nés avec le pied bot afin de les orienter vers les cliniques pour une meilleure prise en charge », a-t-il souligné.

A cet effet, M. Até, a fait savoir qu’il est prévu une prise en charge de 1069 enfants sur toute l’étendue du territoire national durant les quatre ans du projet dans les vingt cliniques. Et de donner quelques précisions sur cette prise en charge :

« L’ancien projet était gratuit. C’est ça qui a fait qu’à la fin du projet, les partenaires n’ont plus d’argent pour soutenir les parents. Donc, pour cette fois-ci il y aura une participation des parents pour les soins. Parce qu’on s’est rendu compte que quand c’est gratuit ce n’est pas Perrin. Et quand c’est gratuit, les parents ne suivent pas le traitement comme cela se doit. Alors que quand vous payez pour vos soins, vous allez mieux entretenir », a-t-il indiqué.

La responsable pays de CBM, Mme Laure-Tay, a signifié que c’est pour appuyer des différents partenaires et réduire surtout la distance pour les familles, de leurs communautés jusqu’au CNAO afin de soigner les enfants victimes de cette malformation que son institution s’engage pour un appui financier sur quatre ans, de 2021 à 2024, afin d’accompagner 20 cliniques de pied bot y compris celles où les activités sont au ralenti, et rapprocher les soins des populations.

Cependant, a-t-elle conseillé, tout projet a une fin alors qu’un financement quelque soit sa taille ne peut couvrir tous les besoins.

« Nous devons donc impulser une dynamique de continuité pour la prise en charge de pied bot au-delà de quelque financement que ce soit. Notre rôle premier est d’apporter l’information relative à la disponibilité de la prise en charge d’une part, et accompagner les familles dans leurs engagements à contribuer aux soins de leurs enfants », a-t-elle lancé.

En lançant le projet, le représentant du ministre de la santé, de l’Hygiène Publique et de l’Accès Universel aux Soins, Dr Wotogbé Kokou, a indiqué que le pied bot est une malformation congénitale, caractérisée par un ou deux pieds tournés vers l’intérieur et vers le haut.

Il a fait savoir que selon la stratégie mondiale du pied bot, environ 174000 enfants (1 sur 800) dans le monde naissent avec un pied bot chaque année. A défaut de traitement, a-t-il souligné, cette malformation peut conduire à un handicap permanent.

A cet effet, le représentant du ministre lance un appel à tous les acteurs à se mobiliser pour non seulement rendre la prise en charge de cet handicap accessible mais surtout aussi chercher à amener les populations à adopter de bons comportements face au pied bot.

« Je reste persuadé que chaque acteur jouera pleinement son rôle afin que ce projet puisse atteindre valablement ses objectifs pour un plein épanouissement des enfants handicapés au Togo », a-t-il laissé entendre.

ALI

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