Conseil de l’Entente : Voici les conclusions de la 5e réunion des ministres en charge de la sécurité et des frontières

 Les travaux de la 5e réunion des ministres en charge de la sécurité et des frontières du conseil de l’Entente tenue le 4 septembre 2020, à Lomé, sont clos. A l’issue de cette rencontre qui a eu pour thème : « Investir dans les espaces frontaliers pour prévenir le risque sécuritaire grandissant dans les pays du conseil de l’Entente », les participants ont examiné les propositions du comité des experts et abouti à des conclusions qui seront soumis à la conférence des chefs d’Etat.

Au cours de cette réunion, les ministres ont pris connaissance des résultats de la recherche sur les ressources humaines, moyens opérationnels et financiers des groupes extrémistes violents au Sahel et implications pour les pays côtiers, présentés par l’Institut d’Etudes de Sécurité (ISS), Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le bassin du Lac Tchad ainsi que le programme de gestion intégrée des espaces frontaliers du Conseil de l’Entente élaboré par le Cabinet Polygone.

A cet effet, ils ont exprimé leur vive préoccupation quant au soutien actif ou passif grandissant des communautés dans les zones d’influence des groupes extrémistes et aux rôles grandissants de ces groupes dans les conflits locaux tels que révélés par l’étude, notamment leur capacité à être médiateurs ou arbitres des conflits locaux.

Prenant en compte le caractère transfrontalier prédominant de l’extrémisme violent et des autres formes d’insécurité, les ministres se sont accordés sur le renforcement de leur collaboration ainsi que la coordination des actions visant à identifier et démanteler les sources d’approvisionnement, de financement et de recrutement des groupes extrémistes.

Les ministres ont également pris bonne note des nombreuses implications des résultats de l’étude, notamment le raffermissement du lien entre l’Etat et les populations ainsi que la protection et la sécurisation des communautés frontalières. A cet effet, ils ont salué les efforts entrepris par les Etats membres qui doivent mutualiser leurs moyens pour lutter efficacement contre l’extrémisme violent.

En ce qui concerne le diagnostic sur les frontières de l’espace Entente, les participants ont salué la nouvelle dynamique de gestion  des frontières dans l’Espace Entente et encouragé les Etats membres à poursuivre les actions de valorisation des espaces frontaliers.

Par rapport à la gestion de ces espaces frontaliers, les ministres ont pris connaissance du Programme de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers du conseil de l’Entente (ProGIEF-CE) dont l’objectif général est de « contribuer à faire des espaces frontaliers et transfrontaliers de l’Espace Entente, des zones de paix, de sécurité, de développement et d’intégration, zones où les conditions de vie des populations sont nettement améliorées ».

Vue partielle des participants à cette session du conseil des ministres

A l’ouverture des travaux, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le Gal de Brigade, Damehame Yark, président du conseil  des ministres en charge de la sécurité et des frontières du Conseil de l’Entente, a souligné que le choix de ce thème tient compte de la situation sécuritaire précaire de leur espace communautaire dont les effets rament à contre-courant des efforts de tout développement et compromettent de plus en plus, la relative stabilité politique qui caractérise leur environnement.

« En effet, au-delà de la criminalité classique, on note dans certains pays de l’espace Entente, la persistance des actes terroristes et la montée des groupes extrémistes violents dont l’objectif est de provoquer l’effondrement de nos Etats. Plusieurs facteurs, entre autres, la porosité de nos frontières, la circulation anarchique des armes légères et de petit calibre et l’absence des pouvoirs publics dans les zones frontalières contribuent d’une manière ou d’une autre à favoriser cette situation d’insécurité préoccupante », a fait savoir le Gal Yark.

Selon lui, à ce jour, toutes les études montrent que les populations des zones frontalières font face à une précarité de vie due en grande partie à la faiblesse des perspectives de développement, de l’absence de services publics de base tels que les infrastructures routières, la santé, l’éducation, etc. ainsi, les groupes extrémistes violents, les trafiquants d’armes et d’êtres humains trouvent sans peine d’espaces pour s’implanter, mener leurs activités criminelles, et véhiculer leur idéologie, a-t-il laissé entendre.

« Pour faire face aux différents problèmes qui se posent dans nos espaces frontaliers, nous devons rester vigilants, solidaires et mutualiser les moyens humains, logistiques et opérationnels afin de lutter plus efficacement contre ce cancer qui risque de mettre en péril notre union », a déclaré le Gal Yark.

Aimé

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